Le bio :
Au lancement de l’entreprise, les produits étaient entièrement biologiques. À l’époque, les céréales étaient produites dans les locaux d’une entreprise indépendante qui produisait d’autres produits en parallèle. Il n’était pas possible de faire certifier les céréales de La fourmi bionique étant donné la non-conformité du site de production face aux exigences très strictes des organismes de certifications. De plus, cette dernière n’était pas intéressée à transformer ses pratiques et ses infrastructures que pour les produits de La Fourmi bionique. Comme le mouvement biologique n’était qu’à ses balbutiements, le prix de détail dépassait largement le seuil psychologique des consommateurs; il fallait revoir la stratégie.
C’est ainsi que l’entreprise s’est dotée d’un site de production lui permettant de se lancer dans la certification de sa production. Le prix des ingrédients biologiques étant largement supérieur aux ingrédients non certifiés, il a fallu faire un choix entre produire un mélange entièrement biologique ou partiellement en préconisant l’approvisionnement en ingrédients locaux de qualité. Ainsi, la sélection des ingrédients se définit par les trois aspects suivants :
• La production locale et respectueuse de l’environnement;
• Le biologique;
• L’absence de sulfites (fruits séchés), de pesticides, d’OGM et la non irradiation des aliments.
Certification :
Le processus de certification est lourd et exige un travail continu et exhaustif sur le contrôle de la production. Chaque année, toutes les facettes (déchets, équipements, transport, salubrité, etc.) sont scrutées à la loupe; l’audit exige un travail de préparation en profondeur. La transparence est essentielle et les aspects qui ne sont pas conformes doivent être rapidement rectifiés. L’actualisation des documents servant au suivi de la production est exigeante et affecte la productivité; pendant qu’ils procèdent à la vérification de la conformité, les employés ne sont pas en train de produire.
Approvisionnement :
Au lancement de l’entreprise, il était plutôt avant-gardiste de se lancer dans la production biologique; les fournisseurs se faisaient plus rares. Aujourd’hui, il y a de plus en plus de joueurs, donc plus d’options au niveau de l’approvisionnement. Malgré tout, l’entreprise demeure très sélective dans ses choix; comme pour l’avoine ou la farine qui sont des ingrédients de base dans la composition des produits céréaliers. D’un autre côté, certains fournisseurs se sont mis à croître leur production sachant que le marché du biologique est en pleine effervescence.
L’un des défis de la production d’aliments biologiques demeure l’instabilité des approvisionnements et l’assurance qualité/fraîcheur de certains ingrédients. Certaines recettes ont dû être modifiées; les noix de Grenoble ont été éliminées à cause du manque de contrôle au niveau de la fraîcheur. Bien que le désir d’élargir la distribution est présent, l’entreprise peine actuellement à fournir la demande québécoise, un autre défi de taille pour une micro-entreprise.
Étant donné la lourdeur et la rigueur du processus de certification Ecocert, il est important d’établir une communication efficace et transparente avec sa chaîne de fournisseurs. La communication avec les fournisseurs n’est pas chose facile; il peut être long et même impossible, parfois, d’obtenir l’information demandée pour s’assurer de la conformité d’un approvisionnement avec les critères de la certification biologique. Il faut alors négocier, demander et redemander, ce qui retarde parfois la production.
En 2008, l’entreprise a perdu son fournisseur de sirop d’érable ce qui engendré une recherche imprévue d’un fournisseur de substitution. Le marché du sirop d’érable est instable et dépend essentiellement des conditions météorologiques. Le même problème se pose avec le miel; la diminution du nombre d’abeilles en Amérique du Nord, depuis quelques années, affecte la production des acériculteurs. Ainsi, pour chaque ingrédient, l’entreprise fait affaire avec plusieurs fournisseurs afin d’éviter des pénuries.